Publié le 03 Décembre 2025
La RE 2020, entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2022, n’est pas une simple mise à jour technique. Il s’agit d’une véritable réorientation de la façon dont on conçoit, construit et exploite les bâtiments en France.
Au-delà d’imposer des niveaux d’isolation ou des équipements plus performants, la RE 2020 inscrit la réduction de l’empreinte environnementale au cœur de la conception, sur l’ensemble du cycle de vie d’un bâtiment (ACV).
Ainsi, comprendre ce changement est devenu une nécessité, et un avantage compétitif pour tous les professionnels, lorsqu’il s’agit de concevoir un bâtiment durable et résilient.
La RE 2020 répond à 3 objectifs principaux :
Le premier vise à réduire l’empreinte carbone des constructions. Pour cela, il y a une évaluation de la consommation en phase d’usage, mais également de l’impact des matériaux tout au long de leur cycle de vie, de l’extraction des matières premières à la fin de vie.
Le second objectif est d’améliorer la performance énergétique : il s’agit de diminuer la consommation d’énergie primaire des bâtiments et de favoriser le recours aux énergies renouvelables.
Enfin, la RE 2020 introduit et formalise l’exigence de confort d’été. Avec la multiplication des vagues de chaleur, il ne suffit plus d’isoler pour être “bon”. La conception doit garantir que le bâtiment reste vivable pendant les périodes caniculaires sans recours systématique à la climatisation.
Il s’agit de 3 axes complémentaires. Une conception bioclimatique qui réduit le besoin de chauffage limitera aussi la quantité d’équipements énergétiques nécessaires sur la durée de vie du bâtiment, et en associant des matériaux bas-carbone on diminue les émissions liées à sa construction.

Afin de rendre ces objectifs opérationnels, la RE 2020 s’appuie sur un jeu d’indicateurs évalués dès la phase d’études(thermique, énergétique et environnementale) et suivis tout au long du chantier.
Le Besoin bioclimatique (Bbio), mesure l’efficacité du bâti indépendamment des systèmes énergétiques : il traduit la qualité de l’enveloppe, l’orientation, la compacité et les protections solaires.
Autrement dit, un “bon” Bbio signifie que le bâtiment est conçu pour capter et conserver la chaleur en hiver et limite les apports en été.
L’impact Degrés-Heures (DH) aborde quant à lui le confort d’été. Il vérifie que, selon des scénarios d’usage définis, le bâtiment reste agréable pendant les épisodes de forte chaleur. Cet indicateur pousse à des solutions passives (protections solaires, ventilation naturelle ou mécanique optimisée) plutôt qu’à la simple addition d’équipements de climatisation énergivores.
Ces deux indicateurs évaluent la Consommation en énergie primaire et la part non renouvelable de cette consommation. Ils orientent les choix techniques (type de chauffage, production d’eau chaude et ventilation) pour favoriser les solutions qui consomment peu et tirent avantage des énergies renouvelables. Ces indicateurs sont essentiels pour anticiper le coût d’exploitation et la performance sur le long terme.
Il s’agit d’un élément différenciant de la RE 2020. Ce dernier quantifie les émissions de gaz à effet de serre liées à la phase construction et calcule leur impact sur une durée de vie conventionnelle de 50 ans. Ce niveau d’analyse oblige à regarder les matériaux et les processus de production avec une nouvelle exigence : certains choix, comme l’emploi massif de béton ou de l’acier, peuvent lourdement pénaliser l’Ic, alors que le recours au bois ou à d’autres matériaux biosourcés réduit l’empreinte.
En parallèle, l’Ic Énergie mesure les émissions liées à l’énergie consommée sur la même durée de 50 ans, donnant ainsi une vision complète du profil carbone d’un bâtiment.
Ainsi, ce dispositif d’indicateurs transforme la pratique du projet. La conception bioclimatique n’est pas un plus. Il s’agit d’une nécessité pour atteindre un Bbio performant et limiter l’Ic. Les choix de matériaux sont revus non seulement pour des raisons esthétiques ou de coût immédiat, mais aussi pour leur impact carbone sur 50 ans. Le dimensionnement des systèmes (chauffage, ventilation et production d’eau chaude) se fait en cohérence avec l’enveloppe, afin d’éviter des sur-investissements techniques qui auraient peu de sens une fois intégrés à l’ACV.

La RE 2020 concernait au départ quatre typologies de bâtiments :
Mais tout cela évolue !
La RE 2020 va, par un arrêté au 1er janvier 2026, s’élargir et concerner les typologies suivantes :
Cette évolution se met en place dans le cadre du respect des objectifs nationaux de 2030.
Avec ces évolutions, les regards sont tournés vers la suite : une RE 2020 plus exigeante est déjà en préparation.
Les grandes pistes discutées incluent le renforcement des seuils carbone, une extension du périmètre des typologies concernées et une intégration plus large des contraintes de résilience et de confort intérieur.
Concrètement, cela signifie davantage d’exigences pour les matériaux (traçabilité, recyclabilité, recours aux filières locales) et pour la responsabilité des acteurs : suivi de chantier, ACV dynamique, et garanties de performance sur la durée.
Le mouvement vers une construction bas-carbone et circulaire sera donc amplifié, ouvrant à des opportunités pour les solutions locales et les industriels qui sauront proposer des produits compétitifs à faible empreinte.
1️⃣ Renforcement des seuils carbone et matériaux bas-empreinte
La réduction de l’impact carbone, jusqu’à présent évaluée via l’ACV, sera probablement plus stricte. Les matériaux à forte empreinte devront être repensés, et les matériaux biosourcés, recyclés ou à faible émission encouragés.
2️⃣ Extension aux typologies tertiaires & collectives
Alors qu’actuellement la RE 2020 ne s’applique qu’à une part limitée des bâtiments, le calendrier envisagé par le gouvernement prévoit d’étendre progressivement le champ comme nous l’avons vu plus haut. Tous devraient, d’ici 2030, être soumis à des exigences environnementales et énergétiques renforcées.
3️⃣ Confort intérieur, qualité de l’air, bien-être et résilience
La RE 2020 introduit déjà le confort d’été, mais avec les évolutions, cela va plus loin. Cela suggère d’intégrer d’autres critères de qualité de vie intérieure : acoustique, éclairage, qualité de l’air, adaptabilité aux vagues de chaleur, gestion de l’énergie et des ressources.
4️⃣ Sobriété énergétique, Énergies renouvelables, Décarbonation globale
La RE 2020, visait à réduire la consommation primaire et le carbone. Cependant, dans les 4 prochaines années, l’objectif pourrait s’étendre : bâtiments à énergie positive, autonomie partielle, réduction drastique des consommations d’énergie fossile, promotion des énergies renouvelables, et orientation vers des constructions sobres, compactes et bioclimatiques.
5️⃣ Traçabilité, transparence et normes élevées pour les professionnels
Le futur cadre pourrait imposer des processus plus rigoureux : ACV dynamique, suivi de chantier durable, déclarations environnementales, traçabilité des matériaux, audits réguliers, garantie de performance… Un nouveau standard pour la construction responsable.

Il est primordial que les professionnels intègrent ces perspectives dans leur pratique quotidienne. Ainsi, un bureau d’études thermiques, comme ATHabitat, présent en Nouvelle-Aquitaine (Pau, Orthez, Biarritz, Anglet, Bayonne, Dax, Mont-de-Marsan, Bordeaux, …) et en Occitanie (Tarbes, Muret, Toulouse, Blagnac, Colomiers, Auch, Montauban, Castres, Carcassonne, Narbonne, Montpellier, …), devient un partenaire stratégique.
En tant qu’expert, je vous accompagne dans toutes les étapes, afin de répondre aux nouvelles exigences gouvernementales.
Pour les particuliers, anticiper ces évolutions signifie mieux maîtriser le coût global d’un projet et sa durabilité. Avec le durcissement des règles, l’anticipation est synonyme de sérénité administrative et de valeur patrimoniale.
Chez A.T.Habitat, nous offrons des garanties concrètes : modélisation de votre projet, scénarios chiffrés, préconisations de matériaux adaptées à votre construction, et accompagnement pour les attestations règlementaires. Nous vous aidons dès maintenant, pour mieux préparer l’avenir.